Un moine tibétain purge une peine de six ans de prison pour avoir œuvré à la préservation du patrimoine linguistique

Selon des informations recueillies par International Campaign for Tibet, le moine tibétain Palden Yeshi purge une peine de six ans de prison à Chushul (Chushur), au sud-ouest de Lhassa, après avoir été victime de près de cinq années de disparition forcée et de détention arbitraire.Les détails concernant son emprisonnement restent à établir, mais des sources contactées par ICT estiment qu’il a été incarcéré par le Parti communiste chinois (PCC) en raison de ses efforts pour préserver la langue tibétaine.

Âgé de 52 ans, Yeshi, moine au monastère de Kardze (Ganzi), dans la préfecture autonome tibétaine de Kardze, dans la province du Sichuan, a été arrêté par la police chinoise le 17 mai 2021. Pendant près de cinq ans, sa famille est restée sans nouvelles de lui jusqu’à ce qu’un proche soit autorisé à lui rendre visite fin février 2026 à la prison de Chushul. Lors de cette visite, Yeshi a indiqué à son parent qu’il purgeait une peine de six ans.

Si les autorités chinoises n’ont pas rendu publiques les charges retenues ni les procédures judiciaires suivies dans cette affaire, des sources proches de la famille estiment que cette condamnation lourde relève de motifs politiques, en raison des activités de Yeshi dans le domaine de l’éducation. Avant son arrestation, il organisait des cours bénévoles pendant les vacances scolaires pour plus de 300 enfants de la région, leur enseignant les bases de la lecture et de l’écriture dans leur langue maternelle.

La famille ciblée pour avoir cherché des réponses

Tandis que Palden Yeshi était accusé pour des motifs politiques, les autorités locales ont également harcelé et intimidé de manière régulière les membres de sa famille qui s’informaient sur son sort. Après sa disparition en 2021, sa famille s’est rendue à quatre reprises auprès des autorités du comté de Kardze pour demander des informations sur sa localisation. En réponse à ces démarches, le frère de Yeshi aurait été détenu plus d’une semaine, soumis à des interrogatoires et à des passages à tabac. Sa famille a également été sommée de ne plus chercher à savoir où il se trouvait.

L’incertitude prolongée et la pression policière répétée ont eu des conséquences tragiques pour la famille : le père âgé de Yeshi, Sonam Tsewang, souffrant d’anxiété chronique et de détresse émotionnelle, est décédé le 29 septembre 2022, sans jamais connaître le sort de son fils, selon des sources.

Une campagne plus large d’effacement culturel

La condamnation de Palden Yeshi s’inscrit dans la campagne plus vaste du PCC visant à marginaliser la culture tibétaine dans la préfecture de Kardze. Cette répression est passée d’attaques ciblant des individus à la mise en œuvre de changements institutionnels et politiques à grande échelle, parmi lesquels :

Contexte judiciaire à Kardze

La procédure judiciaire visant Palden Yeshi a été marquée par un manque de transparence et de respect des garanties procédurales. Bien que Yeshi ait vécu dans le comté de Kardze, dans la province du Sichuan, il purge actuellement sa peine à la prison de Chushul, à Lhassa, dans la région autonome du Tibet. Il est très probable qu’il ait été condamné pour « mise en danger de la sécurité de l’État » sur le fondement d’accusation « d’incitation à la division ».

Neuf autres Tibétains originaires de Kardze ont également été condamnés à des peines de prison pour « mise en danger de la sécurité de l’État » entre juin et août 2020. Les autorités chinoises ont gardé secrètes des informations cruciales concernant leur âge, leur sexe, les motifs précis de leur arrestation et la durée de leurs peines, ne publiant que leurs noms et les dates des jugements, selon un rapport de septembre 2020 de la Dui Hua Foundation. À ce jour, aucune information supplémentaire n’a été rendue publique concernant ces neuf individus.

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