Le 18 août 2025, Shersang Gyatso, un haut responsable du monastère de Tsang de 52 ans, a mis fin à ses jours après avoir été soumis à une forte surveillance, à des intimidations et à des intrusions répressives de la part des autorités chinoises au sein de sa communauté monastique.
Son décès survient dans un contexte de surveillance accrue de l’État autour du 90e anniversaire du Dalaï-Lama, le 6 juillet, d’endoctrinement idéologique obligatoire, d’ingérences dans les pratiques religieuses traditionnelles et de l’expulsion forcée de jeunes moines du monastère de Tsang. La mort de Shersang met en lumière le climat actuel de restrictions sévères et croissantes de la liberté religieuse au Tibet, ainsi que les efforts persistants de Pékin pour réprimer la dévotion des Tibétains envers le Dalaï-Lama.
Par ailleurs, International Campaign for Tibet s’inquiète du fait que la mort de Shersang puisse refléter de nombreux cas non signalés liés à la répression menée par les autorités chinoises lors des célébrations de l’anniversaire du Dalaï-Lama.

Le mois dernier, ICT avait indiqué que les autorités chinoises avaient imposé des mesures de sécurité strictes dans les monastères tibétains à l’occasion de l’anniversaire du Dalaï-Lama. Ces mesures s’inscrivent dans la continuité de rapports antérieurs d’ICT concernant des Tibétains persécutés pour avoir célébré cet anniversaire par le passé. Malgré un climat d’intimidation, les Tibétains ont discrètement et courageusement commémoré l’événement à travers des publications symboliques sur les réseaux sociaux, des prières et des chants, témoignant de leur attachement durable au Dalaï-Lama.

Situé à Majang (Héběi) Yultso, dans le comté de Ba (Tongde), préfecture de Tsolho (Hainan), dans le Qinghai, le monastère de Tsang accueille des moines issus de trois préfectures : Malho (Huangnan), Tsolho et Golog (Guoluo).
Autour du 1er juillet, les autorités chinoises ont renforcé les mesures de sécurité au monastère en prévision de l’anniversaire du Dalaï-Lama, le 6 juillet. Les moines absents – partis rendre visite à leur famille, participer à des prières communautaires ou recevoir des soins médicaux – ont été sommés de revenir. Zega Gyatso, un moine qui suivait un traitement médical dans la ville de Xining, a été arrêté le 2 juillet pour avoir prétendument transféré de l’argent vers l’Inde, selon le Tibet Times, un média basé en Inde.
Les autorités ont fouillé les dortoirs des moines et y ont trouvé des photographies du Dalaï-Lama. Du 1er au 20 juillet environ, les autorités locales ont contraint les moines à assister quotidiennement à des réunions politiques et idéologiques, selon des sources d’International Campaign for Tibet disposant de contacts au Tibet. Par la suite, les moines ont été autorisés à quitter le monastère. Lorsqu’ils y sont revenus le 9 août pour observer la retraite d’été (Yarney), qui dure généralement un mois et demi, les moines de moins de 18 ans se sont vu interdire l’accès au monastère, selon ces mêmes sources.
Les sources indiquent que ces circonstances ont soumis Gyatso à un stress et une pression considérables, et considèrent son suicide comme une forme de protestation contre les mesures répressives visant le monastère et ses moines.
Shersang Gyatso, originaire du village d’Arik dans le comté autonome de Malho Sogrik (Hénán Měnggǔzú Zìzhìxiàn), préfecture de Malho (Huangnan), dans le Qinghai, appartenait au collège Gyudpa, l’un des cinq collèges du monastère.
Les autorités chinoises ont systématiquement expulsé de jeunes moines des monastères tibétains, en invoquant des violations des réglementations chinoises sur la religion et les politiques éducatives. De nombreux cas documentés révèlent une tendance systématique. Par exemple, 500 jeunes moines ont été expulsés du monastère de Taktsang Lhamo Kirti dans le comté de Dzoge en juillet 2024 ; 80 jeunes moines ont été contraints de quitter les monastères de Jakyung et Ditsa dans le comté de Bayan en octobre 2021 ; 200 jeunes moines ont été expulsés du monastère de Dza Sershul à Dzachuka en juillet 2018 ; 300 jeunes moines ont été expulsés de monastères locaux dans le comté de Shiqu en mars 2015 ; et 140 jeunes moines ont été contraints de quitter l’école du monastère de Muge pour intégrer des internats contrôlés par l’État à Muge, dans la préfecture de Ngaba, en juin 2024.
Photo d’archive d’une cérémonie religieuse au cours de laquelle des moines du monastère de Tsang se sont rassemblés devant la communauté tibétaine locale pour diriger une session de prières.
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