Libération du chanteur tibétain A-Sang

Le chanteur tibétain A-Sang, détenu à deux reprises en 2025 – la dernière fois en août, pour avoir interprété et diffusé une chanson en hommage au 90e anniversaire de Sa Sainteté le Dalaï-Lama – a été remis en liberté le 25 janvier 2026.

Une source a confirmé sa libération à International Campaign for Tibet (ICT), sans toutefois pouvoir fournir de précisions sur son état de santé ni sur les circonstances exactes de sa remise en liberté. ICT a par ailleurs appris que les autorités chinoises ont strictement interdit à A-Sang de s’exprimer publiquement sur son emprisonnement ou de publier toute information à ce sujet sur les réseaux sociaux.

Sur une vidéo publiée le 26 janvier 2026 sur la plateforme Kuaishou par A-Sang et son épouse Lhamo, le chanteur semble être en bonne santé. Dans cette vidéo, A-Sang explique que les événements récents ne peuvent être pleinement abordés sur les réseaux sociaux et annonce la sortie prochaine en ligne de son deuxième album, intitulé Dream’s Edge (རྨི་ལམ་གྱི་ཁ་སྟབས), fruit de trois années de travail.

A-Sang y présente également ses excuses à ses parents pour les difficultés que son arrestation leur a causées, et remercie son épouse Lhamo pour les épreuves qu’elle a traversées durant son absence. Depuis la diffusion de cette vidéo, de nombreux Tibétains vivant au Tibet ont adressé des messages de félicitations et de bienvenue saluant sa remise en liberté.

Capture d’écran de la vidéo publiée par A-Sang et son épouse Lhamo sur Kuaishou le 26 janvier 2026.

Le 8 juillet 2025, A-Sang avait été arrêté par le Bureau de la sécurité publique du comté de Ngaba, accusé d’avoir publié sur son compte Kuaishou une reprise de la chanson Prince of Peace à l’occasion du 90e anniversaire de Sa Sainteté le Dalaï-Lama. La chanson, interprétée à l’origine par l’artiste tibétain Sher Ten, comprend notamment les paroles suivantes :

« Né en Amdo,
Ayant foulé la terre du Tibet central,
Dont l’action se poursuit depuis l’Inde,
Tu nous manques, Prince de la Paix. »

Par le passé, A-Sang avait publié de nombreuses chansons liées à la cause tibétaine, notamment en faveur de l’unité du peuple tibétain et de la protection de la langue et de l’écriture tibétaines.

ICT salue la libération d’A-Sang, tout en soulignant que les autorités chinoises continuent d’imposer de lourdes restrictions à ses activités artistiques. Le directeur exécutif d’ICT, Ryan Fioresi, a déclaré : « A-Sang a bénéficié d’une libération qui n’en est pas réellement une, tant les autorités chinoises continuent de lui imposer des restrictions sévères. La détention arbitraire de jeunes artistes et esprits créatifs comme A-Sang est une pratique désespérée de la part d’États paranoïaques et fragiles. Elle ne correspond en rien à l’image de ‘puissance mondiale’ que la Chine prétend incarner. »

Originaire du village de Kashul (ch. Kaxiu), dans le canton de Barma (ch. Baima), comté de Ngaba, A-Sang est un jeune chanteur tibétain très populaire, suivi par près de 200 000 abonnés sur Kuaishou, une plateforme de partage de vidéos. À la suite de son arrestation, les comptes Kuaishou d’A-Sang et de son épouse ont été désactivés.

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