ICT met en lumière les droits des enfants tibétains, les disparitions forcées et les prisonniers politiques au Conseil des droits de l’homme de l’ONU

International Campaign for Tibet, en partenariat avec l’Administration centrale tibétaine, le Tibet Action Institute et d’autres organisations tibétaines et de défense des droits humains, a attiré l’attention sur les droits des enfants tibétains, les disparitions forcées, les détentions arbitraires et les conséquences de la nouvelle « Loi sur la promotion de l’unité et du progrès ethniques » adoptée par la Chine, entre autres préoccupations en matière de droits humains, lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, qui se tient actuellement à Genève.

Ouvrant la session par sa déclaration orale devant le Conseil, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a renouvelé ses critiques à l’égard des politiques de Pékin au Tibet. « En Chine, le durcissement des restrictions imposées aux droits du peuple tibétain, notamment à sa liberté de religion, est profondément préoccupant », a-t-il déclaré, appelant à un « revirement » de ces politiques.

Intervention du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, sur la Chine.

Au cours de la session, plusieurs États ainsi que l’Union européenne ont fait écho aux préoccupations concernant la situation des droits humains au Tibet, plusieurs d’entre eux ayant également évoqué les conséquences potentielles de la nouvelle et controversée « loi sur l’unité ethnique » adoptée par la Chine. Les États ayant spécifiquement abordé la question du Tibet sont notamment l’Australie, le Danemark, la Finlande, l’Allemagne, l’Irlande, le Japon, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni (voir ci-dessous pour plus de détails).

Un événement parallèle pour mettre en lumière les violations systématiques des droits des enfants tibétains

À l’approche de l’examen de la Chine par le Comité des droits de l’enfant des Nations unies, prévu en 2027, ICT a participé le 24 septembre à un événement parallèle consacré à la dégradation de la situation des droits humains à laquelle sont confrontés les enfants tibétains. L’événement était organisé par la Helsinki Foundation for Human Rights (HFHR). Parmi les intervenants figuraient Thinlay Chukki, représentante de Sa Sainteté le Dalaï-Lama à Genève ; Lhadon Tethong et le Dr Gyal Lo, du Tibet Action Institute (TAI) ; ainsi que Kai Müller, d’ICT. Vincent Metten, d’ICT, a animé les discussions au nom de la HFHR.

Dans son intervention, Müller, directeur exécutif d’ICT en Allemagne, a souligné que la « Loi sur l’unité et le progrès ethniques » récemment adoptée par la Chine renforce encore les politiques et pratiques des autorités chinoises au Tibet qui portent atteinte aux droits des enfants tibétains, comme l’a documenté ICT. Müller a également attiré l’attention sur l’endoctrinement et la militarisation croissants des enfants tibétains, ainsi que sur les restrictions systématiques imposées à leur liberté de pratiquer leur religion.

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Les intervenants de l’événement parallèle consacré aux droits des enfants au Tibet, organisé par la Helsinki Foundation for Human Rights le 24 septembre 2026. (Source : FIDH)

L’événement parallèle a réuni des représentants d’États, des délégations ayant le statut d’observateur ainsi que plusieurs organisations de la société civile.

Des déclarations orales pour dénoncer les disparitions forcées et les détentions arbitraires

Les représentants d’ICT ont également prononcé, par vidéo, trois déclarations orales au nom de la Helsinki Foundation for Human Rights lors de la session du Conseil, attirant l’attention sur les disparitions forcées, les détentions arbitraires et les graves conséquences de la nouvelle et répressive « loi sur l’unité ethnique » adoptée par la Chine.

« Lorsque des Tibétains disparaissent après avoir été placés en détention, beaucoup ne reviennent pas vivants », a averti Kai Müller dans sa déclaration du 15 septembre, lors du dialogue interactif avec le Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires. Müller a attiré l’attention sur le cas du maître bouddhiste tibétain Choktrul Dorje Ten Rinpoché, détenu par les autorités chinoises le 4 décembre 2025 et dont le lieu de détention reste inconnu. Il a également cité un rapport d’ICT documentant les cas de 16 Tibétains morts en détention ou peu après leur libération entre 2014 et 2026.

Intervention de Kai Müller d’ICT sur les disparitions forcées au Tibet. (Source : UN Web TV)

Le 16 septembre Vincent Metten a dénoncé le « recours systématique à la détention arbitraire et à la détention au secret au Tibet » dans sa déclaration prononcée lors du dialogue interactif avec le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. Il a attiré l’attention sur les détentions arbitraires de Tibétains pour avoir défendu pacifiquement leur langue, leur culture, leur religion et leur environnement. Metten a appelé la Chine à libérer toutes les personnes détenues arbitrairement, à révéler le sort et le lieu de détention des Tibétains portés disparus, à garantir aux détenus l’accès à des avocats et à leurs familles, et à enquêter sur les allégations de torture et de mauvais traitements.

Intervention de Vincent Metten d’ICT sur le recours systématique de la Chine à la détention arbitraire au Tibet. (Source : UN Web TV)

Le 22 septembre, lors du débat général consacré au point 4 – « Situations des droits humains nécessitant l’attention du Conseil » – la présidente d’ICT, Tencho Gyatso, a prononcé une déclaration dans laquelle elle a fait part de ses préoccupations concernant la nouvelle « Loi sur l’unité ethnique » adoptée par la Chine, entrée en vigueur le 1er juillet 2026, qui inscrit dans le droit chinois l’assimilation forcée et la sinisation des Tibétains et d’autres populations non chinoises. Gyatso s’est félicitée de l’appel de Türk à l’abrogation de cette loi, estimant que cet appel reflétait l’absence de droits fondamentaux auxquels le peuple tibétain peut prétendre.

La présidente d’ICT Tencho Gyatso prononce une déclaration vidéo au nom de la Helsinki Foundation for Human Rights lors du débat général sous le point 4, le 22 septembre 2026. (Source : UN Web TV)

Dans une autre déclaration orale, Phuntsok Topgyal, du Bureau du Tibet à Genève, s’exprimant au nom de la Society for Threatened Peoples, a évoqué le cas de Lobga Rangzen, décédé le 2 juillet 2026 après s’être immolé par le feu devant le siège de l’ONU à New York, au lendemain de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi chinoise sur l’unité ethnique.

Des gouvernements et l’Union européenne soulèvent la question du Tibet au Conseil des droits de l’homme

Les États et observateurs suivants ont spécifiquement mentionné le Tibet dans leurs déclarations lors du débat général du 22 septembre consacré aux situations des droits humains nécessitant l’attention du Conseil (traduction en français par ICT):

Les États et observateurs suivants ont spécifiquement mentionné le Tibet dans leurs déclarations lors du débat général du 22 septembre consacré aux situations des droits humains nécessitant l’attention du Conseil :

Australie : « Nous restons profondément préoccupés par les violations persistantes des droits humains à l’encontre des Ouïghours et des Tibétains. Conformément au droit et aux normes internationales, les gouvernements ne devraient pas intervenir dans la désignation des chefs religieux, notamment du Dalaï-Lama. »

Danemark : « Nous réitérons nos vives préoccupations concernant la situation des droits humains en Chine, notamment au Xinjiang, au Tibet et à Hong Kong. »

Finlande : « La Finlande reste préoccupée par l’érosion des droits civils et politiques au Xinjiang et au Tibet, ainsi que par les restrictions imposées à Hong Kong. »

Allemagne : « En Chine, l’espace laissé à la liberté d’expression et aux rassemblements pacifiques reste aussi restreint que jamais. Nous constatons avec une grande inquiétude que la loi sur la promotion de l’unité et du progrès ethniques renforce encore les restrictions existantes en matière de libertés culturelles et religieuses, en particulier dans la Région autonome du Tibet et dans la Région autonome ouïghoure du Xinjiang. »

Irlande : « S’agissant de la Chine, nous restons préoccupés par les restrictions imposées à l’espace civique à Hong Kong, le traitement réservé aux Tibétains, la répression des Ouïghours au Xinjiang et les conséquences potentielles de la nouvelle loi sur la promotion de l’unité et du progrès ethniques. »

Japon : « S’agissant de la Chine, le Japon est préoccupé par la tendance récente au durcissement des restrictions visant les défenseurs des droits humains, les intellectuels et d’autres personnes. La liberté, le respect des droits humains fondamentaux et l’État de droit doivent être garantis en Chine, notamment à Hong Kong, au Xinjiang et au Tibet. Nous exhortons vivement la Chine à prendre de nouvelles mesures constructives et concrètes, notamment en renforçant la transparence. »

Suède : « Nous restons également vivement préoccupés par la situation en Chine, notamment à Hong Kong, au Tibet et au Xinjiang. Nous exhortons la Chine à mettre en œuvre les recommandations issues de l’Examen périodique universel, du rapport du HCDH sur le Xinjiang et des procédures spéciales. »

Suisse : « La Suisse fait part de ses préoccupations concernant les conséquences de la nouvelle loi sur l’unité et le progrès ethniques en Chine. Si elle est appliquée dans sa forme actuelle, elle portera gravement atteinte à l’autonomie linguistique, culturelle et religieuse des minorités ethniques, en particulier des Tibétains, des Ouïghours et des Mongols. »

Union européenne (avec l’Albanie, le Monténégro et le Liechtenstein qui se sont associés à la déclaration) : « Nous réitérons nos préoccupations concernant la situation en Chine, notamment au Tibet, au Xinjiang et en Mongolie-Intérieure, ainsi que concernant la loi sur l’unité ethnique. »

En outre, le Royaume-Uni a prononcé la déclaration suivante lors du débat général consacré au point 2, à l’occasion de la mise à jour orale du Haut-Commissaire, le 8 septembre :

Royaume-Uni : « Les éléments attestant de violations au Xinjiang et au Tibet persistent, la liberté de religion ou de conviction fait l’objet de restrictions croissantes, et la Loi sur la promotion de l’unité et du progrès ethniques risque de porter atteinte aux droits des personnes appartenant à des minorités. Nous saluons l’engagement continu du Haut-Commissaire sur ces questions. »

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