Des experts de l’ONU tirent la sonnette d’alarme sur le travail et les déplacements forcés au Tibet

International Campaign for Tibet (ICT) salue la déclaration publiée aujourd’hui par des experts indépendants des Nations unies, qui ont exprimé leur profonde préoccupation face aux allégations persistantes de travail forcé imposé par l’État en Chine. Outre les communautés ouïghoure, kazakhe et kirghize, les experts mentionnent explicitement les Tibétains comme étant victimes de programmes systématiques de travail forcé et de déplacements.

« Il existe un schéma persistant de travail forcé imposé par l’État, visant des minorités ethniques dans plusieurs provinces de Chine », ont déclaré les experts. « Dans de nombreux cas, les éléments de coercition sont si graves qu’ils pourraient constituer un transfert forcé et/ou une forme d’esclavage en tant que crime contre l’humanité. » Ces transferts de main-d’œuvre et de terres visent explicitement à « remodeler » les identités culturelles des Tibétains et d’autres populations, sous couvert de politiques de lutte contre la pauvreté.

Les experts de l’ONU ont exprimé une inquiétude particulière concernant le programme dit de « relocalisation de villages entiers », qui implique le déplacement massif de communautés villageoises tibétaines. Ils décrivent le recours à la coercition étatique pour obtenir un consentement forcé, notamment par des visites répétées à domicile, des menaces implicites de sanctions, la répression des critiques et la menace de retrait de services essentiels.

« ICT salue les conclusions de ces experts et leur affirmation claire selon laquelle les autorités chinoises soumettent les Tibétains à du travail forcé et à des déplacements contraints. La réalité est sans équivoque : les politiques abusives de la Chine ne visent ni à réduire la pauvreté ni à améliorer les conditions de vie des Tibétains ; elles cherchent délibérément à démanteler et à effacer l’héritage culturel, linguistique et religieux unique du Tibet », a déclaré Tencho Gyatso, présidente d’ICT. « ICT est reconnaissante pour l’analyse professionnelle, indépendante et impartiale menée par ces experts de l’ONU. »

Ces conclusions soulignent également la dimension mondiale de ces abus : des produits fabriqués dans des conditions de travail forcé pourraient entrer dans les chaînes d’approvisionnement internationales via des pays tiers. Les experts appellent les entreprises et les investisseurs à respecter strictement leur devoir de diligence en matière de droits humains, conformément aux Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.

ICT s’associe aux experts de l’ONU pour demander un accès libre et sans entrave à la Chine et au Tibet pour les mécanismes indépendants de surveillance des droits humains des Nations unies. Parallèlement, ICT appelle les États-Unis, les gouvernements partageant les mêmes valeurs et l’ensemble des partenaires internationaux à prendre ces conclusions au sérieux et à promouvoir l’obligation de rendre des comptes pour ces violations manifestes des normes internationales relatives aux droits humains.

Quatre rapporteurs spéciaux des Nations unies ont collaboré avec le Groupe de travail sur les entreprises et les droits de l’homme pour parvenir à ces conclusions. Ces individus sont des experts indépendants en droits humains, nommés par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole ; ils ne sont pas membres du personnel de l’ONU et ne perçoivent aucune rémunération pour leur travail.

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