En amont de la visite d’État du Président français Emmanuel Macron en République populaire de Chine cette semaine, International Campaign for Tibet (ICT) l’appeller à aborder directement avec son homologue chinois la situation au Tibet et les restrictions sévères qui pèsent sur les libertés des Tibétains. ICT l’invite également à exhorter les autorités chinoises à reprendre sans délai un dialogue ouvert et sincère avec les représentants du Dalaï-Lama, qui a célébré ses 90 ans plus tôt cette année.
La visite de M. Macron, qui aura lieu du 3 au 5 décembre, comprendra un déplacement à Chengdu – la capitale du Sichuan, une province qui englobe une grande partie du Tibet. Il est donc particulièrement important qu’il aborde la question de la dégradation de la situation des droits de l’homme au Tibet, où les politiques d’assimilation forcée de Pékin – y compris un vaste système d’internats obligatoires et un endoctrinement croissant des enfants tibétains – menacent progressivement la préservation de l’identité et de la culture du peuple tibétain.
« Les dirigeants du monde libre ont depuis longtemps accepté le rôle de porte-parole des opprimés, » a déclaré la Présidente d’ICT Tencho Gyatso. « Nous exhortons le président Macron à assumer ce rôle en posant les questions difficiles et en faisant pression sur Xi au sujet de la situation au Tibet, en s’enquérant du sort des nombreux Tibétains emprisonnés illégalement et en encourageant la reprise des discussions avec les envoyés de Sa Sainteté le Dalaï-Lama. »
Vincent Metten, Directeur des Affaires européennes d’ICT, a ajouté : « La visite du président Macron a lieu à un moment critique pour le Tibet, alors que la situation sur place se détériore et que les tensions et défis géopolitiques dans la région s’intensifient. La France, en tant que voix majeure au sein de l’Union européenne, a un rôle clé à jouer pour s’assurer que les droits de l’homme et l’État de droit restent au cœur de l’engagement de l’Europe avec la Chine. »
Soulever la question du Tibet lors de cette visite est essentiel non seulement pour réaffirmer l’engagement de la France en faveur des droits humains, de l’État de droit et des valeurs démocratiques à un moment où ceux-ci sont de plus en plus mis à l’épreuve par des régimes autoritaires – y compris le gouvernement chinois – mais aussi en raison de la pertinence géopolitique croissante du Tibet. Comme le détaille un récent rapport d’ICT, le plateau tibétain est devenu un important point stratégique au cœur de l’escalade des tensions entre la Chine et l’Inde, et constitue désormais l’une des zones les plus militarisées de la région. Le rôle du Tibet en tant que « château d’eau de l’Asie » – vital pour plus d’un milliard de personnes – est également de plus en plus menacé par les projets de méga-barrages de la Chine et sa gestion unilatérale des ressources hydriques, avec des conséquences potentiellement graves pour les pays d’Asie du Sud et du Sud-Est. Une position claire de la France en faveur de la protection de ces ressources hydriques stratégiques enverrait dans la région un signal nécessaire face à la montée en puissance de la Chine, et devrait inclure une affirmation ferme du droit des Tibétains à participer aux décisions concernant la gestion de leurs propres ressources en eau.
En exhortant le président Macron à faire pression sur les dirigeants chinois pour qu’ils reprennent les pourparlers avec les représentants du Dalaï-Lama, l’objectif serait un dialogue honnête sur la « Voie du milieu » afin de résoudre pacifiquement la question tibétaine et d’assurer la stabilité et la coexistence entre les peuples tibétain et chinois sur la base de l’égalité et de la coopération mutuelle. La relance de ce dialogue serait une étape essentielle pour permettre une résolution pacifique du conflit sino-tibétain et réduire les tensions régionales.
ICT appelle également le Président Macron à demander la libération immédiate et inconditionnelle de Zhang Yadi, une étudiante chinoise qui étudiait en France et a été arrêtée en Chine le 31 juillet 2025. Elle est accusée « d’incitation au séparatisme » en lien avec ses écrits sur la situation au Tibet et les droits des Tibétains. Sa détention pour avoir exprimé pacifiquement ses opinions constitue une grave violation de ses droits humains fondamentaux. ICT exhorte le Président Macron à soulever son cas avec son homologue chinois sans délai, et à faire pression pour qu’elle bénéficie de toutes les protections juridiques et humanitaires.
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