Selon des informations récemment confirmées par des sources fiables, A-Sang, un chanteur tibétain d’une vingtaine d’années originaire de la préfecture autonome tibétaine et qiang de Ngaba (Aba, en chinois), dans la province du Sichuan, au sein de la province historique tibétaine de l’Amdo, a de nouveau été arrêté en août 2025, peu après sa libération consécutive à une première arrestation le 8 juillet 2025.
Cette première arrestation avait eu lieu après qu’il ait interprété et diffusé d’une chanson commémorant le 90ᵉ anniversaire de Sa Sainteté le Dalaï-Lama le 6 juillet 2025.
Les autorités chinoises avaient libéré A-Sang début août, mais il restait sous surveillance étroite et était interdit de toute activité sur les réseaux sociaux. Selon les sources, il a été arrêté à nouveau quelques jours plus tard, après une brève apparition en ligne en août 2025, et a une nouvelle fois disparu de l’espace public. Des proches indiquent qu’il est toujours détenu sans inculpation formelle et privé de tout contact avec sa famille, malgré l’assurance donnée en octobre aux membres de sa famille qu’une visite serait autorisée ce mois-là.
A-Sang est originaire du village de Kashul (Kaxiu en chinois), dans le canton de Barma (Baima en chinois), comté de Ngaba.
Les membres de sa famille restent soumis à une surveillance stricte et n’ont pas le droit d’évoquer son cas. Les informations concernant sa situation et son traitement sont en conséquence extrêmement limitées.
« La nouvelle arrestation d’A-Sang est une évolution dramatique pour sa famille et sa communauté, et malheureusement courante pour de nombreux Tibétains qui cherchent à exprimer librement leur culture. A-Sang incarne l’esprit et la détermination de la jeunesse tibétaine, tandis que sa persécution remet en cause le récit chinois d’une société tibétaine prétendument harmonieuse », a déclaré la présidente de l’ICT, Tencho Gyatso. « La détention arbitraire de jeunes artistes et d’esprits créatifs est une pratique désespérée de régimes paranoïaques et fragiles. Elle ne correspond en rien à l’image de “puissance mondiale” que la Chine prétend incarner. »
Une chanson en hommage au Dalaï-Lama
A-Sang est actuellement l’un des chanteurs les plus populaires parmi les Tibétains vivant au Tibet, avec environ 200 000 abonnés sur Kuaishou, une plateforme de partage de vidéos. Le 8 juillet 2025, il a été arrêté par le Bureau de la sécurité publique du comté de Ngaba, en collaboration avec la police secrète, pour avoir publié sur son compte Kuaishou une reprise de la chanson « Prince of Peace » à l’occasion du 90ᵉ anniversaire du Dalaï-Lama.
La chanson, interprétée à l’origine par l’artiste tibétain Sher Ten, contient notamment les paroles suivantes :
« Né en Amdo,
Ayant foulé la terre du Tibet central,
Dont les activités se poursuivent depuis l’Inde,
Tu nous manques, Prince de la Paix. »
À la suite de son arrestation, les comptes Kuaishou d’A-Sang et de son épouse ont été désactivés. Il est à noter que peu après sa libération, l’épouse d’A-Sang a publié un message sur un nouveau compte Kuaishou, suivi par 87 000 personnes, pour célébrer sa libération et annoncer leur intention de renouer avec leurs abonnés. Elle écrivait : « Nous sommes ici pour vous dire que nous sommes en sécurité. Merci à nos fans de s’être souciés de nous au cours des deux derniers mois. Nous serons bientôt de retour en ligne. »
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