Le 2 septembre 2025, nous célébrons le 65e anniversaire de la Journée de la démocratie tibétaine, date à laquelle le premier parlement tibétain en exil a été établi en 1960.

Les débuts de la démocratie en exil
En février 1960, dans la ville sacrée de Bodh Gaya, en Inde, le Dalai Lama a prononcé un discours au peuple tibétain dans lequel il exposait sa vision politique pour un futur Tibet. Il a déclaré :
« Contrairement à l’ancien système au Tibet, il est extrêmement important d’établir une forme de gouvernance démocratique fondée sur une combinaison harmonieuse de valeurs spirituelles et politiques. Il est donc nécessaire de disposer d’un organe représentatif élu par le peuple. À votre retour dans vos régions respectives, choisissez parmi la population générale des candidats instruits, compétents, patriotes et dignes de confiance. Pour le moment, élisez un représentant de chacune des quatre écoles du bouddhisme tibétain et trois représentants des trois provinces traditionnelles. »
Sa Sainteté le 14e Dalaï-Lama à Bodh Gaya, février 1960.
Vers une Constitution et l’État de droit
En 1990, le Dalai Lama a franchi une nouvelle étape dans son processus de démocratisation et d’établissement de l’État de droit en demandant une constitution spécifique pour les Tibétains en exil, destinée à servir de cadre juridique à la gouvernance tibétaine. Cette constitution visait à intégrer les meilleurs aspects du système démocratique moderne et des valeurs traditionnelles tibétaines. Elle a ainsi été adoptée le 14 juin 1999 par l’Assemblée des députés du peuple tibétain.
Dans le chapitre intitulé « Principes de la gouvernance tibétaine », la constitution souligne la volonté des Tibétains d’être des membres responsables de la communauté internationale. Il y est indiqué :
« Il est du devoir de l’Administration tibétaine de respecter les principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, tels que codifiés par les Nations unies, et d’inciter et encourager tous les autres pays du monde à respecter et à se conformer à ces déclarations. La Constitution mettra l’accent sur la promotion du bien-être moral et matériel du peuple tibétain, la protection de ses droits sociaux, culturels, religieux et politiques, et, en particulier, la réalisation ultime de son objectif commun. »
Élections directes
En 2001, le Dalai Lama a poursuivi la démocratisation du système en modifiant la Constitution afin de donner au public et à ses représentants le pouvoir de sélectionner et de nommer les membres du Kashag. Depuis lors, le président du Kashag est élu directement par le peuple. Ce président soumet ensuite ses propositions de membres du Kashag au Parlement, qui prend la décision finale. Auparavant, les membres du cabinet étaient nommés par le Dalai Lama lors d’auditions parlementaires.
Transfert du pouvoir politique en 2011
Au fil des années, Sa Sainteté le Dalai Lama a franchi en 2011 l’étape la plus importante de la transformation de la structure démocratique tibétaine. Il a annoncé le transfert de son autorité aux trois piliers de la démocratie. La Constitution a été modifiée en conséquence, et le Kashag est devenu pleinement responsable devant le Parlement.
Le Dalai Lama a ensuite annoncé qu’il mettait fin à plus de 300 ans de gouvernance des Dalai Lamas sur le gouvernement tibétain central. Tout aussi important, il a transmis le message qu’il revenait désormais entièrement au peuple tibétain d’assumer la responsabilité de sa démocratie.
Le rôle du Dalai Lama aujourd’hui
Depuis lors, le Dalai Lama n’est plus chef d’État, mais est devenu un symbole de l’identité, de l’unité et de l’autorité morale tibétaines. Bien qu’il se soit totalement retiré de la gestion quotidienne des affaires politiques, il demeure la voix et le représentant du peuple tibétain dans le monde entier.
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